Personne ne m’avait parlé de ce lien-là.
Pendant longtemps, je ne comprenais pas pourquoi, à certains moments, tout semblait se dérégler en même temps: les douleurs au ventre, la fatigue, le transit. Et surtout, cette confusion : est-ce que c’est ma MICI qui se réveille, ou juste mes règles ?
Si tu te poses la même question, cet article est pour toi. Je vais te partager ce que j’ai fini par comprendre, en m’appuyant sur ce que disent les recherches, parce que je ne suis pas médecin, mais que ce sujet mérite qu’on l’éclaire.
Tu ne l’inventes pas : le lien est réel
D’abord, une chose importante: si tu ressens que tes symptômes digestifs changent avec ton cycle, tu n’imagines rien. C’est un phénomène documenté.
Même les femmes qui n’ont pas de MICI peuvent avoir des troubles digestifs pendant leurs règles comme des diarrhées, douleurs, ballonnements. C’est très courant.
Alors quand on a déjà une MICI, ces effets peuvent s’ajouter et se faire sentir davantage.
Les recherches vont dans ce sens: selon les études, une bonne partie des personnes atteintes de MICI constatent que leurs symptômes s’accentuent autour de leurs règles. Tu es donc loin d’être seule dans ce cas.
Alors, pourquoi ça se passe comme ça ?
Le rôle des prostaglandines
L’explication que donnent les médecins tourne beaucoup autour d’une substance : les prostaglandines. Ce sont des molécules proches des hormones que le corps produit au moment des règles.
Leur rôle : provoquer des contractions de l’utérus, pour évacuer la muqueuse. Mais voilà le point clé : ces mêmes prostaglandines agissent aussi sur le tube digestif. Elles peuvent accélérer le transit et provoquer des douleurs, des crampes, de la diarrhée.
Autrement dit, ce n’est pas dans ta tête : au moment des règles, ton système digestif est réellement sollicité, en plus de ton utérus. Et quand on a déjà un intestin fragilisé par une MICI, ça peut se ressentir plus fort.
Pourquoi c’est si difficile de savoir « d’où ça vient »
Voilà peut-être le plus déroutant, et là encore, tu n’es pas seule à le vivre.
Les symptômes d’une poussée de MICI et ceux liés aux règles se ressemblent beaucoup : douleurs abdominales, diarrhée, fatigue, nausées. Les gastro-entérologues eux-mêmes parlent d’un « chevauchement » important entre les deux. Il est parfois vraiment difficile de dire si c’est la maladie ou le cycle qui est en cause.
Donc si tu te retrouves à te demander « c’est ma MICI ou mes règles ? » sans réussir à trancher, c’est normal.
Un lien qui va dans les deux sens
Ce qui est intéressant, c’est que la relation n’est pas à sens unique.
Non seulement les règles peuvent accentuer les symptômes de la MICI, mais l’inflammation de la MICI peut aussi, elle, perturber le cycle — des règles plus irrégulières, plus abondantes ou plus douloureuses. Les deux s’influencent mutuellement.
Certains traitements peuvent aussi jouer sur le cycle. C’est un point à aborder avec ton médecin si tu remarques des changements.
Ce n’est pas une fatalité
Un point important, pour ne pas te décourager : tout le monde n’est pas concerné de la même façon. Certaines femmes ressentent fortement ce lien, d’autres presque pas. Chaque corps est différent.
Ce que je fais, moi, c’est observer. Repérer les moments de mon cycle où mon corps réclame plus de douceur, plus de repos. Sans lutter, en m’adaptant. C’est mon approche à moi, la tienne t’appartient, et c’est avec ton médecin que tu trouveras ce qui te convient.
Ce que je veux te dire
Si tu vis ce mélange déroutant, ces jours où tout se cumule et où tu ne sais plus démêler ta MICI de ton cycle : tu n’es pas seule, et tu n’inventes rien.
Mettre des mots sur ce qu’on vit, comprendre un peu ce qui se passe dans son corps, ça aide déjà à se sentir moins démunie. Et ça, c’est un premier pas.
Et ce que j’ai remarqué, dans mon parcours à moi : depuis que ma MICI est endormie je traverse cette période mensuelle avec plus de douceur.
Chaque femme est différente, mais s’écouter, se respecter, ça change déjà beaucoup de choses.
Si ces symptômes t’inquiètent ou t’épuisent, parles-en à ton médecin ou ton gynécologue.
Cet article est proposé à titre informatif et personnel. Il ne remplace pas l’avis, le diagnostic ou le suivi d’un professionnel de santé. Si tes symptômes t’inquiètent, parles-en à ton médecin ou ton gastro-entérologue.
