Quand les mots ne sortent pas, ils se transforment en maux...
Il y a une chose que j’ai mis longtemps à comprendre dans mon parcours avec la rectocolite hémorragique.
Ma MICI n’a jamais été seulement une histoire d’alimentation.
Bien sûr, ce que je mange compte. Énormément. J’en parle souvent ici, et c’est une grande partie de ce qui m’aide au quotidien. Mais à côté de l’assiette, il y a autre chose que j’ai longtemps ignoré : tout ce que je ne disais pas.
Le stress que j’encaissais sans le poser nulle part, les émotions refoulées, les contrariétés que je gardais pour moi. Les émotions que je ravalais parce que « ce n’était pas le moment », parce qu’ « il fallait tenir », parce que je faisais toujours passer les autres avant.
Je ne dis pas que mes émotions ont causé ma maladie. Ce serait faux, et ce serait injuste envers toutes celles et ceux qui vivent avec une MICI. Une MICI est une vraie maladie inflammatoire, ce n’est pas « dans la tête ».
Mais je crois profondément, pour l’avoir ressenti dans mon propre corps, que ce que je gardais à l’intérieur, mon ventre le portait aussi.
Le corps garde ce qu’on ne dit pas
Tu connais peut-être cette sensation. La boule au ventre avant une conversation difficile. Le nœud à l’estomac quand quelque chose ne passe pas. La digestion qui se bloque un jour de tension.
Le corps et les émotions ne sont pas deux mondes séparés. Ils se parlent en permanence. Et quand on ne met pas de mots sur ce qu’on vit, le corps, lui, trouve un autre langage.
Pour moi, ça a été le ventre.
Ce que la recherche en dit
Je ne suis pas là pour te faire un cours scientifique, je te partage seulement ce qui m’a interpellée.
Dans les années 80, un chercheur en psychologie, James Pennebaker, s’est intéressé à ce qu’il a appelé l’« écriture expressive ». L’idée était simple : demander à des personnes d’écrire, pendant quelques minutes, ce qu’elles n’avaient jamais vraiment exprimé ; des choses lourdes, gardées pour elles.
Ce qu’il a observé, au fil de nombreuses études, c’est que le simple fait de mettre des mots sur ce qu’on garde en soi pouvait avoir un effet apaisant. Moins de stress, un mieux-être ressenti chez beaucoup de participants.
Ce n’est pas une baguette magique, et ce n’est pas un traitement. Mais l’idée m’a parlé, parce qu’elle rejoignait ce que je vivais : quand je pose enfin les choses quelque part, quelque chose se relâche en moi.
L’exercice que je te propose
Il est tout simple. Tu n’as besoin de rien d’autre qu’un cahier et d’un moment tranquille.
Vingt minutes (ou moins). Un cahier. Aucune règle.
Tu écris ce qui vient. Ce qui pèse, ce que tu n’as jamais dit, ce que tu gardes depuis longtemps. Sans réfléchir à la forme.
Pas pour que ce soit beau. Pas pour que ça ait un sens. Pas pour que ce soit bien écrit.
Juste pour que ce soit dit.
Tu ne cherches pas à faire une belle page. Tu vides ce qui est là.
Et ensuite
C’est peut-être le plus important : ensuite, tu fermes le cahier.
Tu n’as rien à partager. Rien à relire. Rien à montrer à personne.
Ce que tu as écrit n’appartient qu’à toi. Le but n’était pas de produire quelque chose ; c’était de sortir quelque chose. De le déposer hors de toi.
Certaines fois, tu ne ressentiras rien de spécial. D’autres fois, tu seras surprise de ce qui remonte. Les deux sont normaux.
Pourquoi j’en parle ici
Parce que dans mon chemin avec la RCH, j’ai fini par comprendre que prendre soin de mon ventre, ce n’était pas seulement choisir mes aliments.
C’était aussi apprendre à ne plus tout garder à l’intérieur.
L’alimentation, le repos, le système nerveux, les émotions — pour moi, tout est lié. On est un tout.
Si tu essaies cet exercice, j’aimerais beaucoup savoir ce que ça t’a fait. Et si le lien entre le corps et les émotions t’intéresse, c’est un sujet dont je continuerai à parler ici.
Prends soin de toi.
Ceci est un témoignage personnel, fondé sur mon expérience. Il ne remplace jamais l’avis, le diagnostic ou le suivi d’un professionnel de santé.

Bonjour.
D’abord merci pour ce que tu fais pour nous. Tu es d’un grand soutien. Je te rejoins complètement sur ce que tu as dit. Je suis également persuadé que tout est lié. Ma méditation de pleine conscience que j’ai découvert avec Christophe André m’a beaucoup aidé à écouter ce que je ressens et comment je dois réagir par rapport aux émotions. En tout cas, la rectocolite était un mal pour un bien car sans elle je pense que j’aurai jamais pris le temps de m’arrêter, de m’écouter intérieurement et être aligné.
Merci encore et force à nous ❤️
Merci infiniment pour ton message, il me touche beaucoup. Je te rejoins, quand on prend le temps de s’écouter, quelque chose s’apaise. Merci de partager ton chemin ici🤍