Peut-on être en rémission d’une RCH ? Mon témoignage

Le jour où j’ai oublié que j’étais malade

Pendant longtemps, j’ai cru que ma rémission tenait à une seule chose : mon assiette.

J’ai tout essayé dans mon alimentation

Après ma rencontre avec cette sage-femme (celle qui m’avait dit qu’on pouvait aller mieux en changeant sa façon de manger), je m’y suis mise à fond.

J’ai arrêté le gluten. J’ai découvert le bon gras, celui qu’on m’avait dit de fuir et qui, en réalité, m’apaisait. J’ai fait des jus de légumes, testé l’argile, acheté des compléments, puis d’autres, arrêté certains, repris les précédents. Pendant un an, je n’ai pas touché au gluten. Je notais, j’ajustais, je cherchais.

Et ça m’aidait, vraiment.

Mais je vais être honnête avec toi : ça ne suffisait pas. Les symptômes revenaient toujours. Je faisais tout bien, du moins je le croyais, et pourtant la maladie n’était jamais loin.

Ce que j’ai fini par comprendre

Et puis, petit à petit, quelque chose s’est éclairci.

Plus j’essayais de changer mon alimentation, plus je me rendais compte que c’était ma vie entière qui était en train de changer. Pas seulement ce que je mettais dans mon assiette : ma façon de voir les choses, mon rapport aux autres, mon rapport à moi-même.

Je me suis formée sur plein de sujets, sur l’éducation de mes enfants, sur ma manière de fonctionner. Je remettais tout à plat.

Ce n’était plus une diète. C’était une transformation.

Le week-end qui a tout déclenché

Il y a eu un moment précis, que je n’oublierai jamais.

Un week-end à la campagne, avec mon mari. Moi, la citadine qui aimait le monde, l’agitation, le bruit, je n’avais aucune envie d’y aller. J’étais même de mauvaise humeur en partant.

Et ça a été une révélation.

Le calme. La nature. L’air. Cette sensation de ralentir, enfin. Je ne savais pas encore mettre des mots dessus, mais quelque chose en moi s’est apaisé ce week-end-là.

Cette connexion à la nature m’a reconnectée à autre chose : à mes émotions. Celles que j’avais passé ma vie à ravaler, à ignorer, à faire taire parce que « ce n’était pas le moment ».

J’ai commencé à les accueillir. À les identifier au lieu de les fuir. Et je suis devenue plus calme. Moi qui pouvais être colérique, qui gardais tout à l’intérieur, j’ai senti quelque chose se poser.

Le sport, aussi, j’ai dû le revoir

Il y a une chose que j’ai comprise à mes dépens : le sport intense me mettait en crise.

Les longues séances, l’endurance, courir une heure ou plus. Le lendemain, je le payais. Quelques traces de sang. Et je sais reconnaître ce signal : c’est la crise qui commence.

Alors j’ai changé. J’ai trouvé une activité qui rentre dans mon quotidien, un mouvement court, qui me fait du bien sans m’épuiser. Et au lieu de déclencher des symptômes, il soutient ma rémission.

C’est ça que j’ai appris : ce n’est pas « plus » qui aide. C’est « juste ce qu’il faut ».

Le jour où je l’ai oubliée

Petit à petit, je me suis sentie loin de la maladie.

Je ne vivais plus dans une diète, dans le contrôle, dans la peur du prochain symptôme. Je vivais, tout simplement. J’ai eu un troisième enfant, une grossesse que j’ai vécue le plus sereinement possible, sans que la maladie occupe le devant de la scène.

Et un jour, je m’en suis rendu compte : j’avais arrêté de guetter mon ventre. Je m’étais réveillée sans y penser. J’avais mangé sans calculer. Je l’avais oubliée.

Ce jour-là, j’ai su qu’elle était loin.

Avant, la maladie était collée à ma peau. Je me réveillais malade, je m’endormais malade. Elle était le centre de ma vie, chaque pensée passait par elle.

Aujourd’hui, je mange de tout. Je sais qu’elle est là, quelque part — les mêmes causes finiraient par produire les mêmes effets, je ne l’oublie pas. Mais je la vois loin de moi. Elle n’est plus collée à ma peau. Elle est à distance.

Ce que je veux te dire

Mon chemin est le mien, il s’est construit avec le temps, avec des hauts et des bas, toujours en gardant un lien avec le corps médical.

Mais s’il y a une chose que j’aimerais que tu retiennes, c’est celle-ci :

Prends soin de toi chaque jour. Pas seulement de ton assiette. De toi, tout entière: ton corps, tes émotions, ton rythme, ce qui t’entoure.

Parce que je crois profondément qu’on est un tout. Et que prendre soin de soi, un peu, chaque jour, c’est peut-être la plus belle des préventions.

Prends soin de toi.

Pour aller plus loin

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