Ce que j’aurais aimé savoir quand on m’a diagnostiqué une RCH

Tu tentes de vivre avec. De t’y accommoder.
Tu te dis que tout le monde a mal au ventre de temps en temps.

Seulement un jour, les symptômes deviennent trop forts. Ils t’empêchent de mener une vie normale.

Tu consultes. Tu passes d’examen en examen. Et BOOM — le diagnostic tombe.
Rectocolite hémorragique.
Euh… la recto quoi ? Tu peux répéter ?

En quelques minutes, on t’annonce que ta vie sera rythmée de crises et d’accalmies. Que tu auras des traitements lourds pour toute ta vie. Que les rendez-vous chez le gastro seront réguliers.

Bref. Ta vie va changer.

Tu sors de là vidée. Seule avec des dizaines de questions.

Pourquoi moi ? Pourquoi mon corps s’enflamme comme ça ?

Quand tu poses la question à ton médecin, il répond : “On ne sait pas trop. Probablement génétique.”

Ce qui sous-entend : tu n’y es pour rien. Attends et prends tes médicaments.

Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Et c’est exactement ce que j’aurais aimé qu’on me dise.

Maman, comment tu m’as fait ?

Il y a effectivement une part de génétique. Tu hérites de la constitution minérale de ta mère — transmise pendant la grossesse, la naissance, l’allaitement.

Les dernières générations héritent d’un terrain de plus en plus fragilisé. Regarde autour de toi : les enfants sont globalement plus malades que leurs parents.

Les tissus de ton corps sont des assemblages de minéraux. Selon les minéraux disponibles, tes tissus seront plus ou moins solides. Et l’organe le plus fragile sera le premier à lâcher.

Si tu as développé une MICI, tes intestins sont probablement ton organe le plus faible.

Alors c’est la faute de ta mère ?

Pas tout à fait.

Ta mère t’a transmis ce qu’elle avait. Son terrain dépendait lui-même de sa propre mère. C’est une chaîne générationnelle — pas une faute individuelle.

Ce qui compte, c’est ce qu’on appelle l’épigénétique.
Il n’y a pas de tare génétique figée dans les MICI — il y a des expressions génétiques quis’activent en fonction de ton contexte de vie. C’est ta responsabilité de changer ce contexte.

Hasard ou mode de vie ?

Voici quelque chose que les études épidémiologiques montrent clairement : les MICI sont quasi inexistantes dans les pays non industrialisés. Elles apparaissent à mesure que ces pays s’occidentalisent.

Ce n’est pas un hasard.
Notre mode de vie moderne cumule les agressions :

Une alimentation ultra-transformée — sucre partout, pesticides, céréales modifiées que nos intestins ne reconnaissent plus

Des environnements de plus en plus stériles qui appauvrissent notre microbiote
Un stress permanent — course à la productivité, vie surstimulée, sommeil insuffisant Des relations épuisantes et des émotions refoulées

Tout cela conduit à une inflammation permanente.
Et en fonction de ton organe le plus faible — ici les intestins — tu développes une MICI.

Mais c’est quoi exactement l’inflammation ?

L’inflammation est une réponse naturelle et protectrice de ton corps face à une agression.

Ton corps détecte un danger → il envoie massivement des cellules immunitaires → les vaisseaux sanguins se dilatent → rougeur, gonflement, douleur.

Tu as déjà eu une coupure au doigt qui est devenue rouge et gonflée, puis s’est cicatrisée toute seule ? C’est exactement ça. L’inflammation, c’est bon pour toi.

Le problème, c’est quand elle s’emballe.

Dans ton corps, tout fonctionne en équilibre — une pédale d’accélérateur et une pédale de frein.

L’inflammation c’est l’accélérateur. Le cortisol — hormone produite par tes glandes surrénales — c’est le frein.

Tu as sûrement entendu parler de la cortisone ? C’est une version synthétique du cortisol. C’est d’ailleurs pour ça qu’on te la prescrit : parce que ton corps n’arrive plus à freiner seul.

Pourquoi ton corps n’arrive plus à freiner ?

Parce qu’il est épuisé.

Pendant des années, il a combattu les agressions. Il a absorbé, régulé, compensé. Jusqu’au jour où ses glandes surrénales ont été à plat.

Plus de frein → l’inflammation s’emballe → elle devient chronique.

Vous êtes toujours là ? On continue.

Le feu dans les intestins

Dans la RCH, l’inflammation commence par le rectum. Si les déchets continuent d’augmenter, elle gagne du terrain progressivement.

On distingue 3 formes :
La rectite : inflammation isolée au niveau du rectum

La pancolite : inflammation de tout le côlon
Les RCH intermédiaires : entre les deuxpage3image12492096

Et si l’inflammation n’est pas stoppée, elle peut s’étendre au-delà des intestins — articulations, peau, yeux, foie.

Ton corps ne crie pas pour rien.

Il t’a murmuré pendant des années qu’il y avait un problème. La maladie, c’est sa façon de crier fort pour que tu l’écoutes enfin.

Ce que j’aurais aimé entendre en 2014

Quand j’ai été diagnostiquée, on m’a parlé de traitements, de coloscopies de contrôle, de risques de complications.

Personne ne m’a dit :

“Ce que tu manges, ce que tu vis, ce que tu ressens — tout ça a un impact direct sur ton inflammation.”

Tu n’es pas coupable. Mais tu es responsable.

C’est cette phrase qui a tout changé pour moi.

Pas coupable — parce que personne ne choisit de tomber malade.

Mais responsable — parce que toi seule peux changer le contexte qui entretient la maladie.

Par où commencer ?

La première chose que tu peux changer sans tout chambouler, c’est l’alimentation. Et à elle seule, tu y gagneras déjà beaucoup.

Dans le prochain article, je te parle de l’alimentation que j’ai suivie personnellement — et qui m’a permis d’atteindre la rémission en 2014, sans traitement.

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